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Violences éducatives: la Cour de cassation écarte tout "droit de correction" parental
information fournie par AFP 14/01/2026 à 17:20

Peut-on gifler son enfant ? Il n'y a pas en France de "droit de correction" pouvant justifier des violences éducatives de parents sur leurs enfants, a répondu mercredi la Cour de cassation ( AFP / THOMAS SAMSON )

Peut-on gifler son enfant ? Il n'y a pas en France de "droit de correction" pouvant justifier des violences éducatives de parents sur leurs enfants, a répondu mercredi la Cour de cassation ( AFP / THOMAS SAMSON )

Peut-on gifler son enfant ? Il n'y a pas en France de "droit de correction" pouvant justifier des violences éducatives de parents sur leurs enfants, a répondu mercredi la Cour de cassation dans un arrêt consulté par l'AFP, comblant ainsi un flou de la jurisprudence sur ce sujet de société.

La plus haute instance judiciaire a cassé la relaxe prononcée le 18 avril 2024 par la cour d'appel de Metz au nom d'un "droit de correction" des parents, d'un père de famille pour des violences sur ses deux fils mineurs. Une décision qui avait indigné les associations de protection de l'enfance.

La Cour de cassation a renvoyé le dossier devant la cour d'appel de Nancy pour qu'elle le juge à nouveau.

Yves Milla, un père de famille, avait été condamné en première instance en 2023 par le tribunal de Thionville (Moselle) à 18 mois de prison avec sursis probatoire et au retrait de l'autorité parentale pour des violences (fessées, gifles, insultes, tirage par le col...) entre 2016 et 2022 sur ses deux fils mineurs.

Mais l'année suivante, il avait été relaxé des mêmes faits par la cour d'appel de Metz.

Dans son arrêt, cette dernière avait estimé qu'"un droit de correction est reconnu aux parents" dans la mesure où les violences "n'ont pas causé un dommage à l'enfant, qu'elles restent proportionnées au manquement commis et qu'elles ne présentent pas de caractère humiliant".

"La Cour de cassation censure le raisonnement tenu par la cour d'appel. Elle rappelle qu'il n'existe pas un +droit de correction parental+" dans la loi française, les textes internationaux ou sa jurisprudence moderne, a-t-elle rapporté dans un communiqué de presse.

À l'audience du 19 novembre à la Cour de cassation, la rapporteure avait souligné que certains arrêts de la chambre criminelle consacraient effectivement un droit de correction parental mais que ceux-ci étaient particulièrement anciens, notamment l'un datant de... 1819.

Or cette notion ne se retrouve pas dans la jurisprudence contemporaine de la même chambre et un flou jurisprudentiel persistait sur ce point, avait-elle indiqué. L'avocat général avait préconisé la cassation de l'arrêt attaqué.

- Loi "anti-fessée" -

"C'est la fin de l'idée, pourtant persistante chez certains juges, qu'il aurait existé à côté de la loi un droit coutumier de correction des parents sur leurs enfants. La Cour de cassation remet l'église au milieu du village", s'est félicité auprès de l'AFP Me Patrice Spinosi, avocat de la famille Milla.

"La loi de 2019 est claire et sans dérogation: dans notre droit les prétendues +violences éducatives+ n'existent pas. Il faut s'en féliciter. La tolérance de la cour d'appel de Metz pour les châtiments corporels relevait d'un autre temps", a-t-il ajouté.

La décision de la cour d'appel de Metz avait fait l'effet d'une douche froide dans les rangs des associations de protection de l'enfance qui avaient dénoncé un retour en arrière "invraisemblable", fragilisant à leurs yeux l'avancée qu'avait constituée la loi "anti-fessée" de 2019.

Ce texte avait inscrit noir sur blanc dans le code civil le fait que "l'autorité parentale" s'exerçait "sans violences physiques ou psychologiques".

Saluant l'arrêt de la Cour de cassation, la Défenseure des droits Claire Hédon a rappelé, auprès de l'AFP, qu'"aucune forme de violence sur un enfant ne saurait être justifiée par un objectif éducatif".

"L'autorité parentale, même dépassée, doit toujours s'exercer sans violence", a abondé la haute-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry.

Même satisfecit à l'association Stop VEO (violences éducatives ordinaires) dont le président Gilles Lazimi a estimé qu'il était "essentiel de remettre les points sur les i à l'heure où la situation reste préoccupante sur le terrain avec un enfant qui meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents".

Publié tous les deux ans, le dernier baromètre Ifop de la Fondation pour l'enfance a fait état en 2024 d'une hausse de ce type de violences dans la sphère familiale.

Près d'un quart des parents déclaraient avoir donné une fessée à leur enfant dans la semaine précédant l'enquête, 21% l'ayant bousculé et 16% lui ayant donné une gifle.

1 commentaire

  • 18:13

    La décadence de l'occident. Il y a une proportionnalité et personne ne planifie de corriger les enfants avec des massues. Les individus quelque soit l'âge aiment challenger les limites. Au delà, ce sera une punition. Si cette notion de punition physique est illégale, les enfants vont se donner à cœur joie (déjà que c'est une catastrophe). Hypocrite et lamentable. La justice française est une belle plaisanterie mais elle ne fait rire plus personne


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